poux d'une a^me noble rende heureuse ma Gertrude ,
<< car un coeur si sensible a besoin d'amour!
<< car un coeur si sensible a besoin d'amour!
Madame de Stael - De l'Allegmagne
dont votre tro^ne e? tait environne? ; mais la crainte, cette sombre
compagne de la tyrannie, ne vous quittera plus; les rues seront
<< de? sertes a` votre passage; vous aurez fait ce qu'il y a de plus
fort, de plus redoutable. Quel homme sera su^r de sa propre
<< vie, quand la te^te royale de Marie n'aura point e? te? respecte? e! >>
La re? ponse d'Elisabeth a` ce discours est d'une adresse bien
remarquable; un homme, dans une pareille situation, aurait
certainement employe? le mensonge pour pallier l'injustice; mais
E? lisabeth fait plus, elle veut inte? resser pour elle-me^me, en se
livrant a` la vengeance; elle voudrait presque obtenir la pitie? , en
commettant l'action la plus cruelle. Elle a de la coquetterie san-
guinaire, si l'on peut s'exprimer ainsi, et le caracte`re de femme
se montre a` travers celui de tyran.
<< Ah! Talbot, s'e? crie E? lisabeth, vous m'avez sauve? e aujour-
<< d'hui, vous avez de? tourne? de moi le poignard; pourquoi ne le
<< laissiez-vous pas arriver jusqu'a` mon coeur? le combat e? tait
fini; et, de? livre? e de tous mes doutes, pure de toutes mes fau-
<< tes, je descendais dans mon paisible tombeau : croyez-moi, je'
<< suis fatigue? e du tro^ne et de la vie; si l'une des deux reines doit
tomber pour que l'autre vive ( et cela est ainsi, j'en suis con-
<< vaincue ), pourquoi ne serait-ce pas moi qui re? signerais l'exis-
<< tence ? Mon peuple peut choisir, je lui rends son pouvoir; Dieu
? ? Generated for (University of Chicago) on 2014-12-22 00:49 GMT / http://hdl. handle. net/2027/hvd. hwnks5 Public Domain, Google-digitized / http://www. hathitrust. org/access_use#pd-google
? ET HARIR STUART. 2)9
<< m'est te? moin que ce n'est pas pour moi, mais pour le bien seul
de la nation que j'ai ve? cu. Espe`re-t-on de cette se? duisante
<< Stuart, de cette reine plus jeune, des jours plus heureux? alors
je descends du tro^ne, je retourne dans la solitude de Wood-
<<stock, ou` j'ai passe? mon humble jeunesse, ou`, loin des vani-
>> te? s de ce monde, je trouvais ma grandeur en moi-me^me. Non,
<< je ne suis pas faite pour e^tre souveraine; un mai^tre doit e^tre
<< dur, et mon coeur est faible. J'ai bien gouverne? cette i^le, tant
<< qu'il ne s'agissait que de faire des heureux: mais voici la ta^che
<< cruelle impose? e par le devoir royal, et je me sens incapable
<< de l'accomplir. >>
A ce mot, Burleigh interrompt Elisabeth, et lui reproche tout
ce dont elle veut e^tre bla^me? e, sa faiblesse, son indulgence, sa
pitie? : il semble courageux , parce qu'il demande a` sa souveraine
avec force ce qu'elle de? sire en secret plus que lui-me^me. La flat-
terie brusque re? ussit en ge? ne? ral mieux que la flatterie obse? -
quieuse, et c'est bienfait aux courtisans, quand ils le peuvent,
de se donner l'air d'e^tre entrai^ne? s, dans le moment ou` ils re? fle? -
chissent le plus a` ce qu'ils disent.
Elisabeth signe la sentence, et, seule avec le secre? taire de ses
commandements, la timidite? de femme , qui se me^le a` la perse? -
ve? rance du despotisme , lui fait de? sirer que cet homme subal-
terne prenne sur lui la responsabilite? de l'action qu'elle a com-
mise :il veut l'ordre positif d'envoyer cette sentence, elle le re-
fuse, et lui re? pe`te qu'il doit faire son devoir; elle laisse ce mal-
heureux dans une affreuse incertitude, dont le chancelier Bur-
leigh le tire en lui arrachant le papier qu'E? lisabeth a laisse? entre
ses mains.
Leicester est tre`s-compromis par les amis de la reine d'E? cosse;
ils viennent lui demander de les aider a` la sauver. Il de? couvre
qu'il est accuse? aupre`s d'E? lisabeth, et prend tout a` coup l'affreux
parti d'abandonner Marie, etde re? ve? lera` la reine d'Angleterre,
avec hardiesse et ruse, une partie des secrets qu'il doit a` la con-
fiance de sa malheureuse amie. Malgre? tous ces la^ches sacrifices, il
ne rassure Elisabeth qu'a` demi, et elle exige qu'il conduise lui-
me^me Marie a` l'e? chafaud, pour prouver qu'il ne-1'aime pas. La
jalousie de femme se manifestant par le supplice qu'Elisabeth or-
? ? Generated for (University of Chicago) on 2014-12-22 00:49 GMT / http://hdl. handle. net/2027/hvd. hwnks5 Public Domain, Google-digitized / http://www. hathitrust. org/access_use#pd-google
? 520 WALSTEII? >> -
donne comme monarque, doit inspirera Leicester une profonde
haine pour elle : la reine le fait trembler, quand par les lois dela
nature il devrait e^tre son mai^tre ; et ce contraste singulier produit
une situation tre`s-originale : mais rien n'e? gale le cinquie`me acte.
C'est a` Weimar que j'assistai a` la repre? sentation de Marie Stuart,
et je ne puis penser encore sans un profond attendrissement a`
l'effet des dernie`res sce`nes.
On voit d'abord parai^tre les femmes de Marie ve^tues de noir,
et dans une morne douleur; sa vieille nourrice, la plus afflige? e
de toutes, porte ses diamants royaux; elle lui a ordonne? de les
rassembler, pour qu'elle pu^t les distribuer a` ses femmes. Le
commandant de la prison, suivi de plusieurs de ses valets, ve^tus
de noir aussi comme lui, remplissent le the? a^tre de deuil. Melvil,
autrefois gentilhomme dela cour de Marie, arrive de Rome en
cet instant. Anna, la nourrice de la reine, le rec? oit avec joie; elle
lui peint le courage de Marie, qui, tout a` coup re? signe? e a` son sort,
n'est plus occupe? e que de son salut, et s'afflige seulement de ne
pas pouvoir obtenir un pre^tre de sa religion, pour recevoir de
lui l'absolution de ses fautes et la communion sainte.
La nourrice raconte comment pendant la nuit la reine et elle
avaient entendu des coups redouble? s, et que toutes deux espe? -
raient que c'e? taient leurs amis qui venaient pour les de? livrer;
mais qu'enfin elles avaient su que ce bruit e? tait celui que fai-
saient les ouvriers , en e? levant l'e? chafaud dans la salle au-des-
sous d'elles. Melvil demande comment Marie a supporte? cette
terrible nouvelle : Anna lui dit que l'e? preuve la plus dure pour
elle a e? te? d'apprendre la trahison du comte Leicester, mais qu'a-
pre`s cette douleur elle a repris le calme et la dignite? d'une reine.
Les femmes de Marie entrent et sortent, pour exe? cuter les
ordres de leur mai^tresse; l'une d'elles apporte une coupe de vin
que Marie a demande? e pour marcher d'un pas plus ferme a` l'e? -
chafaud. Une autre arrive chancelante sur la sce`ne, parce qu'a`
travers la porte de la salle ou` l'exe? cution doit avoir lieu, elle
a vu les murs tendus de noir, l'e? chafaud, le bloc et la hache.
L'effroi toujours croissant du spectateur est de? ja` presqu'a` son
comble, quand Marie parai^t dans toute la magnificence d'une
parure royale, seule ve^tue de blanc au milieu de sa suite en
? ? Generated for (University of Chicago) on 2014-12-22 00:49 GMT / http://hdl. handle. net/2027/hvd. hwnks5 Public Domain, Google-digitized / http://www. hathitrust. org/access_use#pd-google
? ET M A Ulli STUAUT. 221
deuil, un crucifix a` la main, la couronne sur sa te^te, et de? ja`
rayonnante du pardon ce? leste que ses malheurs ont obtenu pour
elle.
Marie console ses femmes, dont les sanglots l'e? meuvent vive-
ment: << Pourquoi, leur dit-elle , vous affligez-vous de ce que
<< mon cachot s'est ouvert ? La mort, ce se? ve`re ami, vienta`moi,
? i et couvre de ses ailes noires les fautes de ma vie: le dernier
<< arre^t du sort rele`ve la cre? ature accable? e; je sens de nouveau
<< le diade`me sur mon front. Un juste orgueil est rentre? dans
mon a^me purifie? e. >>
Marie aperc? oit Melvil, et se re? jouit de le voir dans ce moment
solennel: elle l'interroge sur ses parents de France, sur ses an-
ciens serviteurs, et le charge de ses derniers adieux pour tout ce
qui lui fut cher. << Je be? nis, lui dit-elle, le roi tre`s-chre? tien mon beau-fre`re,
<< et toute la royale famille de France; je be? nis mon oncle le car-
<< dinal et Henri de Guise, mon noble cousin; je be? nis aussi le
<< saint Pe`re, pour qu'il me be? nisse a` son tour, et le roi catho-
<<lique qui s'est offert ge? ne? reusement pour mon sauveur et ven-
<<geur. Ils retrouveront tous leur nom dans mon testament; et
<< de quelque faible valeur que soient les pre? sents de mon amour,
<< ils voudront bien ne pas les de? daigner. >>
Marie se retourne alors vers ses serviteurs, et leur dit: << Je
<< vous ai recommande? s a` mon royal fre`re de France ; il aura soin
de vous, il vous donnera une nouvelle patrie. Si ma dernie`re
prie`re vous est sacre? e, ne restez pas en Angleterre. Que le
coeur orgueilleux de l'Anglais ne se repaisse pas du spectacle de
votre malheur ; que ceux qui m'ontservie ne soientpas dans la
K poussie`re. Jurez moi, par l'image du Christ, que de`s que je
<< ne serai plus, vous quitterez pour jamais cette i^le funeste. >> (Melvil le jure au nom de tous. )
La reine distribue ses diamants a` ses femmes, et rien n'est
plus touchant que les de? tails dans lesquels elle entre sur le ca-
racte`re de chacune d'elles, et les conseils qu'elle leur donne
pour leur sort futur. Elle se montre surtout ge? ne? reuse envers
celle dont le mari a e? te? un trai^tre, en accusant formellement ? >> i>>.
? ? Generated for (University of Chicago) on 2014-12-22 00:49 GMT / http://hdl. handle. net/2027/hvd. hwnks5 Public Domain, Google-digitized / http://www. hathitrust. org/access_use#pd-google
? 222 WALSTE1N
Marie elle-me^me aupre`s d'Elisabeth : elle veut consoler cette
femme de ce malheur, et lui prouver qu'elle n'en conserve aucun
ressentiment.
<< Toi, dit-elle a` sa nourrice, toi, ma fide`le Anna, l'or et les
* diamants ne t'attirent point; mon souvenir est le don le plus
<< pre? cieux que je puissete laisser. Prends ce mouchoir que j'ai
brode? pour toi dans les heures de ma tristesse, et que mes lar-
<<mes ont inonde? ; tu t'en serviras pour me bander les yeux,
<< quand il en sera temps; j'attends ce dernier service de toi.
Venez toutes, dit-elle en tendant la main a` ses femmes, venez
<< toutes , et recevez mon dernier adieu: recevez-le, Marguerite,
<< Alise, Rosamonde; et toi, Gertrude, je sens sur ma main tes
le`vres bru^lantes. J'ai e? te? bien hai? e, mais aussi bien aime? e!
<< Qu'un e?
poux d'une a^me noble rende heureuse ma Gertrude ,
<< car un coeur si sensible a besoin d'amour! Berthe, tu as choisi
la meilleure part, tu veux e^tre la chaste e? pouse du ciel, ha^te-
<< toi d'accomplir ton voeu. Les biens de la terre sont trompeurs,
<< la destine? e de ta reine te l'apprend. C'en est assez, adieu pour
<< toujours, adieu. >>
Marie reste seule avec Melvil, et c'est alors que commence
une sce`ne dont l'effet est bien grand, quoiqu'on puisse la bla^-
mer a` plusieurs e? gards. La seule douleur qui reste a` Marie, apre`s
avoir pourvu a` tous les soins terrestres, c'est de ne pouvoir obte-
nir un pre^tre de sa religion, pour l'assister dans ses derniers
moments. Melvil, apre`s avoir rec? u la confidence de ses pieux regrets, lui apprend qu'il a e? te? a` Rome, qu'il y a pris les ordres
eccle? siastiques, pour acque? rir le droit de l'absoudre et de la
consoler: il de? couvre sa te^te pour lui montrer la tonsure sacre? e,
et tire de son sein une hostie que le pape lui-me^me a be? nie pour
elle.
<< Un bonheur ce? leste, s'e? crie la reine, m'est donc encore
<< pre? pare? sur le seuil me^me de la mort! Le messagerde Dieudes-
<< cend vers moi, comme un immortel sur des nuages d'azur:
<< ainsi jadis l'apo^tre fut de? livre? de ses liens. Et tandis que tous
les appuis terrestres m'ont trompe? e, ni les verrous, ni les
>> e? pe? es n'ont arre^te? le secours divin. Vous, jadis mon serviteur,
? ? Generated for (University of Chicago) on 2014-12-22 00:49 GMT / http://hdl. handle. net/2027/hvd. hwnks5 Public Domain, Google-digitized / http://www. hathitrust. org/access_use#pd-google
? ET M M! IK STUART. '223
<< soyez maintenant le serviteur de Dieu et son saint interprete;
<< et comme vos genoux se sont courbe? s devant moi, je me pros-
<<terne maintenant a` vos pieds, dans la poussie`re. >>
La belle, la royale Marie se jette aux genoux de Melvil, et
son sujet, reve^tu de toute la dignite? de l'E? glise, l'y laisse et
l'interroge.
( H ne faut pas oublier que Melvil lui-me^me croyait Marie
coupable du dernier complot qui avait eu lieu contre la vie
il Elisabeth ; je dois dire aussi que la sce`ne suivante est faite seu-
lement pour e^tre lue, et que, sur la plupart des the? a^tres de
l'Allemagne, on supprime l'acte de la communion, quand la
trage? die de Marie Stuartest repre? sente? e. )
MELVIL.
<< Au nom du Pe`re, du Fils et du Saint-Esprit, Marie, reiue,
as-tu sonde? ton coeur, et jures-tu de confesser la ve? rite? devant
? le Dieu de ve? rite? ?
MARIE.
<< Mou coeur va s'ouvrir sans myste`re devant toi comme de-
<< vantlui.
MELVIL.
<< Dis-moi, de? quel pe? che? ta conscience t'accuse-t-elle, depuis
, que tu as approche? pour la dernie`re fois a` la table sainte?
MARIE.
>> Mou a^me a e? te? remplie d'une haine envieuse, et des pen-
"se? es de vengeance s'agitaient dans mon sein. Pe? cheresse, j'im-
? plorais le pardon de Dieu, et je ne pouvais pardonner a` mon
ennemie.
MELVIL.
, Te repens-tu de cette faute, et ta re? solution since`re est-elle
"de pardonner a` tous avant que de quitter ce monde?
MARIE.
<< Aussi vrai que j'espe`re la mise? ricorde de Dieu.
MELVIL.
<< N'est-il point d'autre tort que tu doives te reprocher?
MARIE.
<< Ah! ce n'est pas la haine seule qui m'a rendue coupable,
0 j'ai encore plus offense? le Dieu de bonte? par un amour crimi-
? ? Generated for (University of Chicago) on 2014-12-22 00:49 GMT / http://hdl. handle. net/2027/hvd. hwnks5 Public Domain, Google-digitized / http://www. hathitrust. org/access_use#pd-google
? 224 WALSTE1N
<< uel ; ce coeur trop vain s'est laisse? se? duire par un nomme sans
<< foi, qui m'a trompe? e et abandonne? e.
MELVIL.
<< Te repens-tu de cette erreur, et ton coeur a-t-il quitte? cett<<
<< fragile idole pour se tourner vers son Dieu?
MARIE.
<< Ce fut le plus cruel de mes combats, mais enfinj'ai de? chire?
<< ce dernier lien terrestre.
MELVIL. << De quelle autre faute te sens-tu coupable?
MARIE.
<< Ah! d'une faute sanglante, depuis longtemps confesse? e.
<< Mon a^me fre? mit en approchant du jugement solennel qui m'at-
<< tend, etles portes du ciel semblent se couvrir de deuil a` mes
yeux. J'ai fait pe? rir le roi mon e? poux, quand j'ai consenti a` don-
<< ner mou coeur et ma main au se? ducteur son meurtrier. Je me
suis impose? toutes les expiations ordonne? es par l'E? glise ; mais
* le ver rongeur du remords ne me laisse point de repos.
MELVIL.
<< Ne te reste-t-il rien de plus au fond de l'a^me, que tu doives
<< confesser?
MARIE,
<< Non, tu sais maintenant tout ce qui pe`se sur mon coeur.
. ' MELVIL.
<< Songe a` la pre? sence du scrutateur des pense? es, a` l'anathe`me
<< dont l'E? glise menace une confession trompeuse : c'est un pe? -
<<che? qui donne la mort e? ternelle, et que le Saint-Esprit a frappe?
de sa male? diction.
MARIE.
<< Puisse? -je obtenir dans mon dernier combat la cle? mence di-
>> vine, aussi vrai qu'en cet instant solennel je ne t'ai rien de? -
<< guise? !
MELVIL.
<< Comment! tu caches a` ton Dieu le crime pour la punition
<< duquel les hommes te condamnent: tu ne me parles point de
la part que tu as eue dans la haute trahison i^les assassins d'E? -
? ? Generated for (University of Chicago) on 2014-12-22 00:49 GMT / http://hdl. handle. net/2027/hvd. hwnks5 Public Domain, Google-digitized / http://www. hathitrust. org/access_use#pd-google
? ET MARIE STUAHT. 225
<< lisabeth: tu subis la mort terrestre pour cette action ; veux-tu
<< doue qu'elle entrai^ne aussi la perdition de ton a^me?
MARIE. ?
<< Je suis pre`s de passer du temps a` l'e? ternite? : avant que l'ai-
<< guille de l'heure ait accompli son tour, je me pre? senterai de-
, vaut le tro^ne de mon juge; et, je le re? pe`te ici, ma confession
<< est entie`re.
MELVIL. << Examine-toi bien. Notre coeur est souvent pour nous-me^mes
<< un confident trompeur: tu as peut-e^tre e? vite? avec adresse le
mot qui te rendait coupable, quoique tu partageasses la volonte?
du crime; mais apprends qu'aucun art humain ne peut faire
illusion a` l'oeil de feu qui regarde dans le fond de l'a^me.
HABIR.
<<J'ai prie? tous les princes de se re? unir pour m'affranchir de
, mes liens, mais jamais je n'ai menace? ni par mes projets, ni par
? mes actions, la vie de mou ennemie.
MELVIL.
<< Quoi ! ton secre? taire t'a faussement accuse? e?
MARIE.
<< Que Dieu le juge! Ce que j'ai dit est vrai.
MELVIL. << Ainsi donc tu montes sur l'e? chafaud convaincue de tjn inno-
? eence?
MARIE.
<< Dieu m'accorde d'expier par cette mort non me? rite? e le crime
<< dont ma jeunesse fut coupable!
MELVIL ( la be? nissant ) *
<< Que cela soit ainsi, et que ta mort serve a` t'absoudre!
? Tombe sur l'autel comme une victime re? signe? e. Le sang peut
? purifier ce que le sang avait souille? : tu n'es plus coupable
? maintenant que des fautes d'une femme, et les faiblesses de
, l'humanite?