No More Learning

D'autres fois encore, aux premières cloches d'un couvent voisin, rares
comme les dévotes matinales, blanchissant à peine le ciel sombre de
leurs giboulées incertaines que fondait et dispersait le vent tiède,
j'avais discerné une de ces journées tempétueuses, désordonnées et
douces, où les toits mouillés d'une ondée intermittente que sèchent
un souffle ou un rayon laissent glisser en roucoulant une goutte de
pluie et, en attendant que le vent recommence à tourner, lissent au
soleil momentané qui les irise leurs ardoises gorge-de-pigeons; une de
ces journées remplies par tant de changements de temps, d'incidents
aériens, d'orages, que le paresseux ne croit pas les avoir perdues,
parce qu'il s'est intéressé à l'activité qu'à défaut de lui
l'atmosphère, agissant en quelque sorte à sa place, a déployée;
journées pareilles à ces temps d'émeute ou de guerre qui ne semblent
pas vides à l'écolier délaissant sa classe, parce que, aux alentours
du Palais de Justice ou en lisant les journaux, il a l'illusion de
trouver dans les événements qui se sont produits, à défaut de la
besogne qu'il n'a pas accomplie, un profit pour son intelligence et une
excuse pour son oisiveté; journées auxquelles on peut comparer celles
où se passe dans notre vie quelque crise exceptionnelle et de laquelle
celui qui n'a jamais rien fait croit qu'il va tirer, si elle se dénoue
heureusement, des habitudes laborieuses; par exemple, c'est le matin où
il sort pour un duel qui va se dérouler dans des conditions
particulièrement dangereuses; alors, lui apparaît tout d'un coup, au
moment où elle va peut-être lui être enlevée, le prix d'une vie de
laquelle il aurait pu           pour commencer une œuvre, ou seulement
goûter des plaisirs, et dont il n'a su jouir en rien.